samedi 12 décembre 2009

Pointe antisociale

Dans la discrétion d'un Conseil d'Administration du Centre Communal d'Action Sociale (CCAS), la municipalité Belliot a décidé d'offrir à un promoteur 2.000 m² de foncier communal plutôt que de construire des logements sociaux. Un nouvel exemple de la ségrégation sociale voulue par Robert Belliot.

"Antisocial, tu perds ton sang froid" chantait Trust à l'aube des années 1980. Du côté de la très huppée Pointe du Bé, on va préférer un refrain belliotiste en diable du genre "antisocial nous sommes, antisocial nous restons".

Scandale immobilier et social

Par un coup de baguette magique, le Conseil d'Administration du CCAS, sous la coupe de la majorité belliotiste, offre un foncier de 2.000 m², propriété du CCAS, pour l'euro symbolique à la Ville de Pornichet. Ce terrain constructible, situé impasse Sainte-Anne, au cœur de la Pointe du Bé, accueillait les anciennes serres municipales et est aussitôt revendu par la commune. L'heureux bénéficiaire de ce mic-mac serait M. Dufret... explicitement nommé dans une délibération du CCAS.

Bizarrement, le CCAS, après s'être dépossédé de son propre foncier, a adopté une délibération autorisant ce promoteur à aménager le site. Étrange, car l'autorisation d'aménager est du ressort de la commune et en aucun cas du CCAS. Étrange que les informations sur les conditions de vente soient fournies aux membres du CCAS 3 jours après la réunion du Conseil d’Administration, donc 3 jours après le vote ! Bizarre, vous avez dit bizarre ?

Histoire de bien faire comprendre leur volonté de faire du foncier des serres municipales un site pour les promoteurs immobiliers, Robert Belliot a décidé de faire passer une délibération en Conseil municipal. Bizarre, bizarre, cette fois-ci, l'identité de l'heureux bénéficiaire a disparu de la délibération officielle.

Étrange aussi, le fait qu'une conseillère municipale explique dans la discrétion du CCAS que ce terrain ne permettrait pas de faire de l'habitat groupé alors que la délibération présentée au conseil municipal du 10 décembre indique explicitement que "cette acquisition doit permettre de céder ce bien à une personne privée en vue de réaliser une opération de pavillons".

Par un jeu de passe-passe, Robert Belliot spolie le CCAS, personne publique de plein exercice, d'un foncier valorisable et détourne sciemment les finalités sociales de cet organisme en offrant le foncier à un promoteur et non à un bailleur social. Le message de Robert Belliot est clair : "avec moi pas de logement social mais du fric pour les promoteurs" !

Bizarre, toujours aussi bizarre, la manière dont cette vente s'est d'ailleurs déroulée. A notre connaissance, la cession de ce foncier de qualité n'a pas fait l'objet d'une large publicité comme la loi l'exige. Pourquoi ? Pour protéger les intérêts d'un promoteur ? Contre quelles contreparties ?

Politique de classe

Entre incompétence et conscience de classe, Robert Belliot multiplie, depuis 18 mois, les sales coups pour limiter au maximum la construction de logements à prix modérés sur la commune. Pour Social Killer, les 400 logements sociaux environ prévus contractuellement entre la Ville de Pornichet et la CARENE pour la période 2009-2014 constituent un chiffon rouge.

L' opératon du foncier des serres municipales est exemplaire. Ce site de 2.000 m² s'inscrit dans un tissu pavillonnaire dense, le plus dense de la commune du reste, héritage du modeste quartier des pêcheurs du Pornichet originel. La réalisation d'une opération de 8/10 logements individuels sous une forme groupée se serait parfaitement intégrée dans le tissu urbain existant, assurant à merveille une insertion dans le site si chère à l’adjoint à l’urbanisme quand il s’agit de refuser des permis de construire !

Mais, pour Robert Belliot, l'alpha et l'oméga reste le pavillon bien classique avec son terrain d'au moins 500 m² et surtout avec des propriétaires occupants et non des gueux de locataires sociaux. La Ville de Pornichet s'était, à coup de sacrifices, forgé des réserves foncières significatives qui, lâchées à bon escient dans le cadre d'une stratégie globale, auraient permis d'assurer la diversité sociale et générationnelle de la commune et de tous ses quartiers. Le Social Killer préfère brader à un promoteur du foncier en centre-ville plutôt que d'accueillir de jeunes familles.

Entre un Préfet qui, cas unique en Loire-Atlantique, refuse de signer un contrat d'objectif sur la production de logements sociaux avec la Ville de Pornichet devant l'absence de volonté des élus, et un commissaire-enquêteur du PLU qui est contraint de donner un avis négatif en soulignant l'incapacité du nouveau PLU à produire un volume significatif de logements sociaux (conformément à la loi) et à assurer un équilibre social et générationnel de la commune, le racisme social semble à l'œuvre à Pornichet, du moins aux yeux de l'État.

Symbole du double discours du Social Killer, l'opération dite sociale du Pouligou. Initialement prévue sous la forme d'une opération sociale d'une soixantaine de logements, Robert Belliot réduit la toile avec seulement une vingtaine de logements sociaux. Mais, tout à son inculture urbaine, il truffe son PLU de règles qui empêchent l'opérateur social choisi par ses soins, en l'occurrence Harmonie Habitat, de réaliser son opération.

Il est tout de même cocasse de voir ce bailleur social devoir expliquer dans le cahier de l'enquête publique du PLU que le règlement est entièrement à revoir car même sur le site du Pouligou, qui bénéficie d'un cadre plus souple qu'ailleurs, il lui est impossible d'équilibrer économiquement son opération, malgré l'aide de la CARENE et de l'État.


Peur du pauvre, peur de l'autre, immoralité dans la conduite des affaires communales, avantages offerts aux plus aisés, démagogie outrancière, dilapidation du foncier et des ressources communales, embrouilles en tous genres, le mandat municipal de Robert Belliot n'est plus le long chemin de roses qu'il espérait voir se dérouler sous ses pieds, souhaitons même que ce scandale immobilier et social le conduira à Canossa.

15 commentaires:

Anonyme a dit…

pour être un proche du milieu, tout ce qui est dit dans l'article est vrai. pourtant, rien ne bouge.
on ne veut pas de pauvres à pornichet. on ne veut que du vieux friqués donneurs de leçon sur l'identité nationale par exemple.
ici, on est a droite de la droite.
ceux sont des élus incorrects.

La cerise sur le gâteux a dit…

Cher Poulpe
lecture assidu depuis le début, j'interviens pourtant pour la première fois car je ne peux faire autrement.
Comment qualifier cette opération sinon qu'elle est moralement indigne et relève d'une démarche crapuleuse ?
Le CCAS qui en tant que personne morale aurait pu vendre une réserve foncière exceptionnelle laisse échapper là un petit "trésor" qui aurait pu et qui aurait dû lui permettre de renflouer les caisses de la solidarité pornichétine.
Mais c'est surtout la vente à un privé, sans passer semble-t-il par un "appel d'offres" (qui aurait fait monter les enchères) qui est incroyable. D'ailleurs à quel prix à été vendu ce terrain ? 2000m² à la pointe du Bé !! 600 000 à 700 000 € au bas mot (j'en suis peut-être loin...)! Comment connaitre le prix de vente ? Le Poulpe, vous qui savez tout (!), pourriez vous vous procurer cette information ?
Quoi qu'il en soit, je suis atterré par l'absence de sens morale dont fait preuve l'ensemble de l'équipe municipale dans cette affaire. C'est indigne d'élus du peuple.
J'ai honte subitement...

criculz a dit…

Salut ô poulpe.
L'opération dont vous parlez est similaire de celle effectuée sous Lambert, dans laquelle le CCAS a cédé le terrain où se trouve la résidence Creisker. Cette résidence privée pratique des tarifs qui sont loin d'être sociaux, donc réservés aux vieux non nécessiteux. Ce que Bobby a rappelé.
La réponse de Lambert a été époustouflante : même les riches vieillissent et ont besoin de "social" et c'est pour cela qu'il avait favorisé cette opération. Gag.

Et pour ceux qui connaissent les lieux, on voit mal comment caser 8 à 10 logements dans un espace suffisant certes, mais d'un accès si étroit et en impasse. Y a comme un problème d'infrastructure, ou il faut y loger des personnes interdites de véhicules.

Dégager du cash en vendant ces terrains, c'est interdit à la municipalité ? Même Lambert a admis en conseil municipal la légitimité de cet objectif.

Emily Bronto a dit…

Il est clair que la cerise sucre les fraises. Et ne connait strictement rien aux marchés publics, au fonctionnement du CCAS et à la détermination de la valeur des biens vendus par une commune.
Honte à vous visqueux mollusque de laisser planer de tels doutes.

Nakakoué a dit…

Il est vrai que la légalité du dispositif semble plus que douteuse. La vente d'un terrain à un prix inférieur à sa valeur (service des domaines ) est en principe illégale, la cession à l'euro symbolique restant une procédure exceptionnelle, encadrée et devant s'accompagner d'une contre partie pour la collectivité ou l'établissement public, justifiée par l'intérêt général...
D'accord avec Emily, l'équipe en place méconnaît les règles de base d'une bonne gestion des deniers publics. Marchés publics , PLU, cession des biens du domaine et quoi d'autre encore ?

Bonne oreille a dit…

Criculz doit s'appareiller, il entend mal!
Lambert n'a justement pas admis la légitimité de l'objectif, à savoir vendre les terrains donnés par le CCas pour la promotion immobilière!!! Il a dit légitime l'opération d'acquérir symboliquement du foncier du CCAS si c'est pour l'intèrêt de la population. Creisker est une maison de retraite privée et à ce titre elle pratique des tarifs élevés, mais elle est surtout utile sur notre territoire car elle permet l'accueil des personnes "désorientées", possibilité que n'a pas la Résidence de la Côte d'Amour. Les acquisitions foncières en centre ville par l'équipe Lambert devait permettre de faire des logements, des logements aidés, des logements sociaux et ...une maison de retraite pour personnes désorientées. L'une et l'autre résidences pouvaient ainsi cohabiter et n'avaient pas le même public, financièrement parlant!
Ce n'est quand même pas le même objectif que de favoriser la promotion immobilière dans un quartier où l'habitat groupé avait toute sa place, en respect avec la loi SRU et conformément au développement durable (loger les personnes -surtout si elles n'ont pas de moyens de déplacement-dans les centres avec équipements publics et commerces)

Bonvoisin a dit…

Rigolo le débat Serres contre Kreisker.
Surtout quand on sait qu'au sein des propriétaires de Kreisker par Sté interposée figure M......Descombes!
Bon on pourrait en rire si les logements sociaux florissaient sur la commune, mais hélas même en ces temps de solidarité toute chrétienne, pas de cadeau à attendre de la part de cette droite conservatrice .
A crilcuz : Ou vous n'êtes jamais allé sur les lieux, ou vous voulez nous manipuler. Il suffit d'un léger et peu coûteux aménagement pour que les terrains deviennent facilement accessibles et logeables . Allez le demander aux voisins.
Reste à savoir qui est rééllement derrière le nouveau propiétaire ?

Pornichet Le Poulpe a dit…

Visiblement le fallacieux argument belliotiste sur le parallèle Creisker / Serres semble recevable pour certains.

C'est oublier qu'en son temps, deux raisons au moins semblent avoir présidé au choix du site de la Villès-Davaud pour une maison de retraite privée du groupe Noble Age :

Premièrement, le quartier Villès-Davaud, Saint-Sébastien comporte en quelques centaines de mètres plus de la moitié des logements sociaux de la commune et comme dirait Belliot "il faut éviter les ghettos" sociaux.

Deuxièmement, le groupe Noble Age proposait une résidence avec 40 places pour personnes désorientées, ce qui était un besoin évident sur le secteur Saint-Nazaire / Presqu'Ile. Aussi, faute d'un autre site disponible, d'un autre porteur de projet et d'un accord du Conseil général, financeur pour les prestations liées à la dépendance, le site Creisker et le groupe Noble Age ont été retenus.

Si on peut regretter la présence d'un opérateur privé, nul ne peut contester le fait que cette opération, sur foncier CCAS et cédé sur la base des prix des Domaines, réponde à une finalité relevant des compétences du CCAS (personnes agées et dépendance). Cela fait tout de même une grande différence avec l'affaire des serres.

Quant à la mise en cause de M. Descombes, une fois encore les phantasmes ont la vie dure et la calomnie une arme des faibles. Le Groupe Noble Age est une société côtée en bourse dont l'essentiel du capital est détenu par des investisseurs fondateurs et des organismes financiers. L'actionnariat individuel est dilué et rien ne permet de penser que M. Descombes soit un actionnaire, encore moins de référence de ce groupe. Calomniez, calomniez...

007jmp a dit…

A propos de l'avenir du Stade Louis Mahé :
Dommage que ce vaste terrain soit utilisé ... de temps en temps (selon certains riverains) !!!
La disponibilité d'une telle surface de 20000 m2, proche du coeur de ville pour y faire des logements, dont 30% mini en logements sociaux, serait pourtant une bonne décision totalement conforme à la loi SRU et aux attentes des Pornichétins.
Autre suggestion : Pourquoi ne pas y implanter un Eco-quartier exemplaire pour toutes la Presqu'île ?

A côté de cela, le problème des 2000 m2 des anciennes serres reste entier, mais nous sommes dans un rapport de 1 à 10 !

Bonvoisin a dit…

Tout compte fait si il est prouvé que Kreisker c'est du social, vous avez raison que X ou Y soient dedans, ne doit pas poser de problème.
Mais dans ce cas là , débattons sur les tarifs, avez-vous la possibilité de faire un comparatif sur la Presqu'île en incluant S-Nazaire ?

Anonyme a dit…

magnifique les nouveaux panneaux de communication que robert à installé à l'entrée de pornichet et à l'office du tourisme.il parait que cela aura coûter 50000 euros.il y a t il moyen d'en être sûr?
C'est bien, il va pouvoir vendre ses projets et communiquer dessus.il est malin.il a compris que même si on ne fait que des conneries, quand on communique, la pillule passe mieux. par contre j'espére qu'ils ne seront pas détériorés comme l'autre. de toute façon, ce sont nous les pornichétins qui payont.
j'ai vu aussi que les fameux parcmètres et les caméras de video surveillance étaient installées.génial, quand on rentre dans pornichet, on a un panneau(juste à coté de celui PORNICHET)
qui dit bienvenue dans cette ville où tous vos faits et gestes sont filmés et enregistrés.c'est super accueillant pour une ville touristique.
souriez, vous êtes repérés( et bientôt fichés).

<:-( a dit…

Moi ce sont les incivilités qui me choquent.
Je n'aime pas plus que vous d'être filmé ou de voir des flics dans les rues mais pense que ceux qui attentent à ma liberté sont ceux qui ne se plient pas aux règles de la république et qui imposent aux citoyens honnêtes des couts de protection de plus en plus insupportables.

Anonyme a dit…

steomje pense que je préfère investir dans l'éducation et la responsabilisation des personnes plutôt que dans la répression qui comme tout le monde sait n'aboutit qu'a faire payer ceux qui respectent les régles. les incivilités resteront et emplifierons si on ne compte que sur la sanction. les sanctions ne font plus peur à personne. renforcer les lois et les sanctions ne font pas baisser les incivilités.du coup, on va filmer les incivilités sans rien faire derrière. utile!
il faut rééduquer les parents des jeunes fêtards qui n'ont pas transmis le sens du respect à leurs enfants et plutôt transmis l'individualisme. tout comme robert. protégeons nous des autres, mettons nous hors société et rejetons nos erreurs.le problème n'est pas la jeunesse mais le mode de penser des seniors. remettez vous en question ceux qui ont tout eu dans leur jeunesse (pleine emploi,semaine avec repos dominical, consommation exessive avec polution....).

senior a dit…

Pour le dernier anonyme:
L'investissement dans l'éducation, en particulier dans le primaire & secondaire, est astronomique.
Jamais le corps enseignant n'a été aussi laxiste et inefficace dans le maintien de la discipline, de l'enseignement, du respect, du civisme.
Alors oui a une éducation plus volontariste et formatrice mais avec un autre type d'enseignants et de juges plus en harmonie avec la réalité sociale et économique du pays.

En ce qui concerne votre attaque contre les seniors, elle explique votre vision angélique et tronquée de la réalité.
Les seniors n'avaient ni RTT, ni 35h, ni 5 semaines de congés payés.
Les règles d'hygiène et de sécurité étaient de nature a s'exposer à de graves dangers (accidents, amiante...)
La pollution était subie, le chômage aussi existait et comme les couvertures étaient quasi inexistantes on se remuait les fesses pour trouver un autre emploi, quitte à déménager.
L'assistanat était beaucoup moins répandu et on aurait été heureux de travailler le dimanche en étant payé le double.
L'éducation c'est aussi connaitre son histoire et ne pas s'enfermer dans des a-priori idéologiques qui ne débouchent que sur du rêve.

XMas a dit…

A Senior

Mais oui vous avez parfaitement raison. Et j'irai plus loin, les gosses avant à 12 ans ils étaient dans la mine. Les bourgeois comme aujourd'hui devaient aussi déménager..l'hiver pour rejoidnre leur villégiature dans le Sud. Aujourd'hui c'est vrai c'est un peu moins dur avec l'avion pour rejoindre les antilles.
Et l'espèrance de vie ...ça c'était un vrai rêve, pas celui de la consommation. Quoi ? un micro-ondes, un frigidaire, une T.V ,une voiture ..et pourquoi pas un toit tant qu'on y est ?
Franchement Senior vous avez raison, nous manque une bonne guerre , en attendant quand on vous lit on se contenterai d'une lutte ...des classes.
Ce que vous pensez c'est que l' éducation nationale n'est qu'un ramassis de gauchistes. Alors à défaut d'histoire , tournez vous vers les statistiques, vous comprendrez que les gens qui votent à gauche ne peuvent pas tous être à l' E.N. Si vous faites une crise d'urticaire à chaque élection, c'est pas fini. Et si vous êtes vraiment un sénior, peu de chance que vous ne voyiez s'installer un gouvernement fascite de droite, désolé...mon VIEUX.