
Erreurs et imprécisions
Durant sa campagne électorale démagogissime, Robert Belliot s'est joyeusement affranchi des lois et règlements de la République. Avec lui, fini les insupportables délais administratifs, fini les études longues, fini la réflexion. On allait voir ce que l'on allait voir. On voit...
Dès qu'il s'agit de placer son action municipale dans le respect des lois républicaines, Sa Suffisance peine à cacher ses insuffisances. Alerté par les multiples expressions publiques sur le caractère navrant du PLU alors en chantier, Robert Belliot a cherché à se couvrir derrière l'aura préfectorale en faisant adouber son PLU par un Préfet de passage, lors d'une visite-éclair, en mairie de Pornichet, le 17 avril dernier. La communication municipale a mis en exergue le satisfecit soi-disant accordé par le Préfet. L'avis contraire rendu par le commissaire-enquêteur rend encore plus savoureuse la tentative du très UMP Préfet Hagelsteen de sauver le soldat Belliot. Dura lex sed lex.
Le commissaire-enquêteur, nommé par l'Etat, écrit dans ses conclusions que "les documents présentés au public contenaient de nombreuses erreurs et imprécisions". Il enfonce le clou en expliquant que "les incidences probables du projet de PLU sur la zone Natura 2000 n’ont pas fait l’objet d’une évaluation environnementale", ce qui est pourtant un exercice obligé connu. Ces deux phrases parmi beaucoup d'autres illustrent la légèreté avec laquelle le pathétique duo Belliot / Goût a abordé ce dossier.
Copie à revoir complètement
Avant d'émettre un avis défavorable au PLU de Pornichet, ce qui reste une décision exceptionnelle (un cas par décennie et par département en moyenne), le représentant de l'Etat a souligné des points dérangeants pour des élus qui passent leur temps à donner des leçons de protection de l'environnement.
Pour les projets prévus autour d'Intermarché, notamment sur du foncier appartenant à des proches du maire, il est indiqué que "ces projets d’urbanisation [...] ne sont pas assortis de prescriptions suffisantes pour éviter d’aggraver la situation des secteurs périphériques au regard des inondations". Dans la même veine, le commissaire-enquêteur précise que "la résorption des inondations n’est pas assurée avec des garanties suffisantes", avant de conclure que "la protection de l’environnement et notamment des espaces boisés et des zones humides sont insuffisantes lorsqu’il s’agit de réaliser des équipements collectifs".
Évidemment, côté développement durable, la charge est encore plus sévère. La synthèse du rapport indique que "les contraintes architecturales sont paralysantes tant en termes de créativité qu’en ce qui concerne l’amélioration de l’habitat notamment pour en améliorer l’isolation thermique". Tout à sa désuète folie pavillonnaire, Sa Suffisance se fait sèchement épinglée : "la densification, la production de logements sociaux et la mixité urbaine font l’objet de prescriptions nettement plus limitatives qu’incitatives".
Comme pour bien se faire comprendre d'une municipalité visiblement sourde à toutes les remarques, le commissaire-enquêteur conclut son propos en soulignant "que le projet du PLU donne une importance excessive à la protection de l’environnement des actuels résidents au détriment du renouvellement de la population" et que malgré les réserves foncières accumulées cette dernière décennie, "le déficit des logements sociaux ne sera pas efficacement résorbé faute de projets d’opérations publiques identifiées". En clair, Monsieur le Maire, cessez votre démagogie électoraliste !
Pressentant probablement que Robert Belliot n'hésiterait pas à mentir effrontément pour défendre son PLU, le commissaire-enquêteur a pris soin de préciser que son avis, contrairement aux allégations de Sa Suffisance, prenait bien en compte "le mémoire en réponse aux avis des Personnes Publiques Associées" mais que "les réponses demeurent des intentions » et rien d'autre".
Dans la presse locale, Robert Belliot a diffamé le commissaire-enquêteur et sciemment menti sur sa gestion du dossier. Il faut dire que deux semaines après avoir désigné à la vindicte populaire les blogs, et principalement celui du Poulpe, Sa Suffisance