A l'ombre des pins pornichétins, tout n'aurait pu être qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté au plus grand plaisir de notre cher premier édile. Mais, dans la touffeur d'un beau mois d'août, Bobby la Bronzette a encore fait des siennes.La vérité sort de l'assiette
Au détour d'une soirée, un couple d'estivants s'attable dans une crêperie du centre-ville récemment rénovée. Désireux d'éveiller leurs papilles aux mets locaux, ils lisent attentivement la carte et s'enquièrent du contenu d'une appétissante galette appelée la Pornichétine. Sans malignité aucune, la patronne répond «la Pornichétine, c'est une andouille».
A la table voisine, un client s'étouffe de rire en entendant la réponse et tout de go de demander à la restauratrice confuse si l'appellation et le contenu constituaient un hommage à la municipalité en place... En voilà un qui va être mis au régime sec.
Sa suffisance
Belle soirée pour la dernière levée des Renc'Arts 2009 et joli spectacle en perspective. Au milieu d'une programmation moins mordante que d'habitude (censure ? Auto-censure ?) la grande nouveauté de la cuvée 2009 était l'apparition d'un carré VIP pour permettre à nos chers édiles de profiter dans les meilleures conditions des spectacles.
Cette dernière soirée n'échappe pas à la règle et un espace réservé jure au milieu du millier de spectateurs comprimés et à la recherche du moindre m² respirable. Tel le Roi-Soleil, le maire de Pornichet fend la foule et gaillardement prend place, seul, au milieu de son carré plein... de vide.
A la fin du spectacle, un mal-pensant a lancé à la cantonade « pendant le spectacle, j'ai cru que le maire était un despote éclairé, mais maintenant que les lumières se sont éteintes... ». Encore un qui rigolera moins lorsque les sicaires de l'Hôtel de Ville le surveilleront par la magie des caméras de surveillance.
Bus de riches
Enivré de son succès et incapable de cesser ses promesses démagogiques, Robert Belliot promet, à l'aube de l'été 2008, de raser gratis. Du jour au lendemain, sans la moindre réflexion financière, il exige de la Carene la mise en place deux fois par semaine d'une ligne gratuite de bus pour relier les quartiers au marché. L'expérience se déroule cahin-caha et ne rencontre pas vraiment son public. Par contre, le contribuable pornichétin a le droit de payer cette foucade municipale de plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Une famille des hauteurs de Sainte-Marguerite se souvient cet été de l'expérience de 2008. Voyant un arrêt de bus près de chez elle comportant la mention spéciale de la navette du marché, elle décide de tenter l'expérience.
A l'heure dument inscrite sur le panonceau, un bus vide se présente. Le chauffeur ouvre aimablement la porte et indique courtoisement que la tarif est de 1,25 € par personne, adulte comme enfant, et que le billet étant valable une heure, il faudra évidemment reprendre un billet au retour. Surprise que ce service annoncé comme gratuit soit devenu subitement payant, la petite famille fait rapidement son calcul. 10 € pour faire son marché, cela va faire cher la salade et les tomates.
Pour eux comme pour beaucoup de Pornichet la vinaigrette de la politique municipale a pris un goût bien aigre.
Perte de sens
A Paris, le 15 août rime traditionnellement avec travaux. Les édiles locaux profitent de déferlante des Parisiens vers les plages pour engager de multiples interventions particulièrement pénalisantes pour la circulation routière. Histoire de ne pas désorienter nos amis parisiens, Robert Belliot a eu une idée géniale, faire lui aussi des travaux XXL à Pornichet au 15 août. Au moins, avec les embouteillages créés, il évite ainsi aux Parisiens d'éprouver des difficultés de réadaptation au retour des vacances dans le trafic de la capitale.
Sournoisement, les édile municipaux ont profité d'une nuit du week-end du 15 août pour réduire les voies au rond-point de l'hippodrome. Au réveil, les Pornichétins ont eu droit à une vision cauchemardesque. De Sainte-Marguerite, Bonne-Source ou Saint-Sébastien, l'accès au centre de Pornichet était quasi impossible, un bouchon inextricable se formait autour du carrefour engorgé de l'avenue des Paludiers. La folie municipale des sens interdits ne facilitait évidemment pas la situation, certains se croyaient dans un remake du légendaire sketch de Raymond Devos, le plaisir des sens.
L'amateurisme de la municipalité en matière de circulation s'étant déjà exprimé au printemps dernier avec la fermeture du boulevard de Saint-Nazaire en même temps que celui la route d'Ermur, de la route de la Villès-Mahaud et de la route de la Villès-Babin, il est extravagant de voir les mêmes inepties se reproduire, qui plus est le week-end le plus chargé de l'année. Errare humanum est perseverare diabolicum...
Si le premier été de la parenthèse Belliot aura été marqué par la gabegie de travaux aussi hideux que superfétatoires sur le parking du 8 mai, l'été 2009 aura donc été celui de la boursouflure égotique avec une multiplication de petits signes (carré VIP aux Renc'Arts, travaux pharaoniques en pleine saison touristique, dépenses sécuritaires inutiles à la gare ou sur les plages, stade de foot synthétique ne respectant pas les normes de la Fédération française...) qui dénotent les tentations despotiques d'un homme fermé au dialogue. Il y a fort à craindre que des jours sombres s'annoncent pour les Pornichétins.








