
Avec l'arrivée aux affaires de Robert Belliot, beaucoup craignaient un coup d'arrêt au développement de la commune. A l'épreuve des faits, Bob le Bafouilleur surprend son monde en voulant mettre en place une politique étrange : des dépenses comme jamais mais moins de recettes que nécessaire. Voilà qui laisse présager des réveils douloureux.
La stratégie du coucou
Une fois les vapeurs de la victoire dissipées, le réveil est souvent douloureux pour le nouvel élu et Robert Belliot n'a pas échappé à la règle, loin s'en faut. Après une belle série de dérapages mal contrôlés (censure de l'opposition en Conseil municipal, absence de nomination d'adjoint pour des secteurs clés comme le tourisme ou les affaires scolaires, destruction d'une maisonnette amiantée sans protection, mise en sens unique de la voie le long de laquelle il habite, cadeau financier fait à l'aérodrome de La Baule, renoncement à lutter contre le pollueur Total en échange d'un chèque malodorant...), Robert Belliot a découvert les cadeaux laissés par Jacques Lambert : des finances saines, des services compétents, des projets bien ficelés et prêts à être mis en œuvre, bref tout ce qui faut pour bien démarrer un mandat. Évidemment, le nouveau maire pérorait urbi et orbi sur le calamiteux héritage tout en organisant mezzo voce la captation à son profit de tous les projets engagés mais pas encore lisibles par la population.
Dès lors, Robert Belliot s'est mué en prestidigitateur de talent pour faire du neuf avec du vieux. Doté d'un estomac hors du commun, Bobby le Falsificateur s'est arrogé sans vergogne l'héritage Lambert pour faire prospérer sa petite entreprise politique. Comme une parabole, Robert Belliot a bouclé la boucle de l'héritage en allant du Pouligou (centre de loisirs municipal) au Pouligou (terrain multisports) et en captant au passage les nouvelles serres municipales, la cuisine centrale, l'office de restauration de l'école Gambetta, la nouvelle couverture des courts du Ninon Tennis Club, les vestiaires au port d'échouage pour le club de kayak, les aménagement de la CARENE sur le littoral de Bonne-Source, les pompes de refoulement des eaux pluviales, la sécurisation aux 4 Vents de la route d'Escoublac (mais la mise en oeuvre laisse à désirer...), le programme d'entretien de la voirie et des bâtiments communaux, le terrain synthétique de football... Décidément pour Robert Belliot, la continuité républicaine a présenté bien des vertus.
Naturellement, il a souhaité mettre sa lourde patte sur des questions secondaires mais onéreuses : panneaux électroniques de propagande, multiplication des potelets anti-stationnement pour faire plaisir à quelques-uns, travaux inutiles de construction d'un nouveau mini-poste de police municipale, installation sarkozienne de caméras de surveillance, transfert irréfléchi du skate-park, multiplication dispendieuse de parkings occupés finalement quelques dizaines d'heures par an, acquisitions ou cessions foncières douteuses... La répétition d'opérations de 100, 200, 300 ou 400.000 € finit par peser sur les finances communales au point que le nouvel édile pornichétin a du rapidement appeler à l'aide ses copains de l'UMP pour bénéficier d'une avance de trésorerie au titre du plan de Relance post crise.
La négation infantile
C'est dans ce contexte que Robert Belliot s'est résigné à placer son action au long cours dans les pas de Jacques Lambert mais avec un gros bémol. L'équipe Lambert avait élaboré un projet de ville à 20 ans reposant notamment sur une vision prospective des finances communales, équilibrant les investissements projetés par des recettes essentiellement foncières. Voilà un schéma beaucoup trop compliqué pour Robert Belliot.
Pour ce dernier, cohérence et sagesse semblent rayées de son vocabulaire. Tel un gamin capricieux, il espère obtenir la même recette que son prédécesseur mais en changeant systématiquement des ingrédients. L'indigestion guette...
Les pompes de rejet des eaux pluviales et le bassin tampon d'assainissement à l'intérieur des pistes de l'hippodrome plutôt qu'en centre-ville ? La mise en sécurité hydraulique de Pornichet , c'est une volonté de Lambert, alors non et non, Bob l'épongeur ne fera pas tout à fait pareil, et il décide de mettre ces infrastructures onéreuses et disgracieuses en plein centre-ville quitte à pénaliser les générations futures.
L'hippodrome transformé en complexe de loisirs avec de nouvelles pistes, une nouvelle tribune, des restaurants, le Casino, un hôte, un parking et le boulevard de Saint-Nazaire rénové le tout avec un financement essentiellement Casino + Région ? Cela a trop la saveur d'Hippocampe, Robert Belliot lui conserve la réalisation de l'hippodrome mais fait peser son financement sur le contribuable pornichétin. En plus, il maintient le casino sur son site ancestral le vouant à un déclin inexorable et sacrifie 200 logements (et les recettes foncières qui vont avec) sur le secteur Gambetta / 8 mai pour construire un parking supplémentaire et accueillir un hypothétique hôtel en plein carrefour.
Les boulevards d'entrée de ville transformés en belles avenues plantées et habitées grâce à un équilibre entre investissements sur l'espace public et valorisation des réserves foncières constituées par la commune ? Trop cohérent, trop pertinent, trop Lambert. Et Robert Belliot de tricoter péniblement un plan local d'urbanisme réactionnaire pénalisant gravement les recettes potentielles de la commune sur les entrées de ville, restreignant drastiquement l'offre future de logements sur Pornichet et nuisant à l'harmonie d'entrées de ville équilibrées.
Tout à sa névrose de s'émanciper de l'héritage Lambert, Robert Belliot est capable des pires inepties. Ainsi, il décide de réaliser un terrain de football en synthétique sur le seul terrain communal ne répondant pas aux normes des matchs officiels. C'est déjà très fort ! Mais, il va plus loin en supprimant aire de jeux sportifs et stade de foot du parc des sports Louis Mahé pour implanter une maison de retraite. Ce simple exemple illustre malheureusement le niveau de réflexion qui préside aux orientations de l'action municipale.
Après deux ans à dénaturer les projets préparés par l'équipe Lambert et alors que des équipements touristiques hérités de l'ancienne municpalité devraient prochainement être livrés (Bois de la Grée, Tourelles), le Roi est nu ! Il lui faut à présent concevoir un projet cohérent et finançable pour le Pornichet d'aujourd'hui et plus encore de demain. Pas simple pour un maire qui vit dans une autre époque...