
Nous aurions pu reprendre le contenu de l'interview de Super Belliot, parue dans l'édition du lundi 8 février dernier d'Ouest-France, dans laquelle le maire de Pornichet multiplie mensonges et digressions égotiques avant d'annoncer son intérêt pour la mairie de Saint-Nazaire. Nous aurions pu rependre l'article de Presse-Océan du 5 février relatif à la pathétique mascarade orchestrée par Robert Belliot et titré "l'UMP dans une cour de récré". Nous aurions pu évoquer les brèves de l'Echo de la Presqu'île du 5 février qui se gaussait de l'incapacité de Robert Belliot à exprimer quelques idées dans l'adversité. Mais, finalement, nous avons opté pour une reprise quasi intégrale des dialogues d'Audiard dans la version cinématographique du Cave se rebiffe pour mieux exprimer le pathétique de la situation.
Silence, moteur, ça tourne !
Une salle glauque, suintant les haines recuites, est le théâtre d'une réunion des rescapés UMP de la circonscription de Saint-Nazaire. Ils préparent, dans l'optique des élections régionales, la venue de leur leader angevin et craignent une possible arrivée soudaine de son vaguemestre, Bobby.
- Maud : À quoi je le reconnaitrais ?
- Jean-Louis : Un beau brun, avec des petites bacchantes, grand, l'air c... !
- Maud : Ça court les rues, les grands c... !
- Jean-Louis : Ouais ! Mais celui-là c'est un gabarit exceptionnel ! Si la conne... se mesurait, il servirait de mètre étalon !
- Bobby (en voiture vers Saint-Nazaire avec son dircab et son secrétaire de mairie) : Et dites-vous bien dans la vie, ne pas reconnaître son talent, c'est favoriser la réussite des médiocres. C'est pour ça que je viens à Saint-Naz !
- Jean-Louis (apprenant la venue de Bobby) : j'aime autant vous dire que pour moi Monsieur Bobby avec ses costards tissés en Écosse à Roubaix, ses boutons de manchettes en simili et ses pompes à l'italienne fabriquées à Grenoble, et ben c'est rien qu'un demi-sel. Et là, je parle juste question présentation. Parce que si je voulais me lancer dans la psychanalyse, j'ajouterais que c'est le roi des cons. Et encore les rois, ils arrivent à l'heure. Parce que j'en ai connu moi, mon cher maître, des rois, et puis pas des petits. Rien que du micheton garanti Appel de Cochin. C'est pour vous dire que pour votre ami Bobby, ses grands airs, il peut se les cloquer dans le baba.
- Un militant inconnu (choqué) : Oh mon cher maître, je vous en prie, hein ! Entre le baron Édouard et un traine-patin comme Bobby, il y a une marge.
- Jean-Louis (à mi-voix pensant aux élections régionales et à l'appétit politique de Bobby) : Dire qu'il suffit de mettre un gigot au four pour voir venir les emmerdeurs,
- Bobby (à son arrivée, dévisagé par les militants UMP de la circonscription de Saint-Nazaire) : C'est marrant que vous m'ayez reconnu tout de suite !
- Arthur (un chefaillon local) : On m'avait fait un portrait parlé ! Je ne pouvais pas me tromper.
- Arthur (encore) : Écoute-moi bien, mon petit Robert ! Le bon Dieu t'a donné une main exceptionnelle. Il aurait pu te créer honnête, il t'a même épargné ça ! Alors tu ne penses pas que tu devrais laisser certains avantages aux déshérités ? Aux caves, à ceux qui en ont vraiment besoin ?
- Bobby (bafouillant) : Besoin de quoi ?
- Arthur : De faire un mandat comme conseiller régional !
- Jean-Louis (s'adressant à Bobby) : Je connais ton honnêteté mais je connais aussi mes classiques. Depuis Adam se laissant enlever une côte et Napoléon attendant Grouchy, toutes les grandes affaires qui ont foiré étaient basées sur la confiance. Faire confiance aux honnêtes gens est le seul vrai risque des professions aventureuses.
- Maud (espérant encore une place éligible) : L'honnêteté, ça se paye !
- Double Chopine (blaze d'un chef de l'UMP 44 défendant la 17ème place de Bobby) : Eh bien Messieurs, ce cave a une paluche qui vaut de l'or. Une main raphaëlienne ! Nous tenons un petit prodige, et j'aime mieux vous dire que l'affaire s'annonce grandiose.
- Maud (geignant en constatant sa relégation au fond de la liste UMP, victime des méthodes de Bobby) : Il m'a fait la malle ! À moi sa petite reine.
- Jean-Louis (cinglant) : C'est bien la seule chose qu'on ne puisse pas lui reprocher !
- Jean-Louis (encore, craignant un désastre électoral avec la présence de Bobby sur la liste UMP) : Dans un parti, quand le chef ne ramène pas un certain volume de voix, l'autorité devient, ni plus, ni moins, d'la tyrannie !... Et l'autoritaire, un simple emmerdeur prétentieux !...
- Arthur (interpelant vivement Double Chopine) : S'il est aussi fortiche que tu l'dis, ce... ce Bobby, y doit avoir de gros appétits ! Combien y va encore nous piquer comme mandats ?
- Double Chopine : Si un homme comme ça entre dans la course pour la mairie de Saint-Nazaire, ça n'a pas d'prix !... Parce qu'avec lui, y'a pas d'problème... C'est comme si on s'associait avec Balkany... Les méthodes, on pourra les montrer à Sarko !...
- Jean-Louis : T’es là pour longtemps j’espère ?
- Double Chopine (suppléant un Bobby brusquement atone) : En principe non, mais t’sais dans les affaires politiques on sait jamais. Tu t’déplaces pour trois semaines et pis tu peux rester vingt piges à la mairie, ça c’est vu.
- Maud (en apparté, mal à l'aise devant le silence assourdissant de Bobby) : Avec lui c'est pas facile à savoir. Il n'était déjà pas causant avant. Maintenant il n'ouvre plus la bouche que pour manger.
- Jean-Louis (exaspéré par l'arrogance de Bobby et n'y tenant plus) : Mais pourquoi j'm'énerverais ? Monsieur joue les lointains ! D'ailleurs, j'peux très bien lui claquer la gueule sans m'énerver !
- Double Chopine (fataliste) : l'éducation, ça s'apprend pas.
- Jean-Louis (menaçant Bobby) : Bon, bah puisque t’en es pas encore là, alors écoute-moi. Dis toi bien qu’tes p’tites misères avec les blogs et la presse c’est rien à coté de c’qui t’attends si tu persistes dans tes rêveries. Parce que dans la politique à Saint-Nazaire, alors là tu vas la comprendre ta douleur. Tu vas y laisser ta santé. Tu vas les découvrir les vicieux, pas ceux qu’tu connais d’habitude. Moi j’te parle des vrais, ceux qu’ont les grandes dents. Y vont t’béqueter tout cru les vilains. Note bien j’sais pas pourquoi j’te raconte ça puisque tu s’ras enchristé avant d’avoir touché un petit bulletin.
- Bobby (murmurant, un peu inquiet) : Tu crois ?
- Jean-Louis (subitement hilare) : C’est un coup sûr, tu vaux cent contre un dans l’parcours. Tiens prend un beignet là. Tu vas voir c’est bon, c’est un présage.
Devant cette série Z, nombre d'électeurs pornichétins doivent se demander à qui profite cette mascarade ? A la gauche pornichétine et nazairienne, certainement. A des amis de Robert Belliot probablement comme messieurs Trichet ou Bossy trop heureux d'expédier sur une voie de garage un maire bien encombrant. A Christophe Priou ou Yves Métaireau, certainement, soulagés qu'ils sont de ne pas avoir sur leur porte-bagage le narcissique maire de Pornichet. Une fois encore, les grands perdants sont les Pornichétins !