
Du jamais vu ou presque. Incapable d'organiser dans le temps les chantiers de voirie dans la ville de Pornichet, Robert Belliot a décidé de pourrir les vacances des Pornichétins de toujours ou de passage en bloquant l'essentiel des voies principales.
Amateurisme coupable
Si vous aviez aimé la fermeture du rond-point de l'hippodrome le week-end du 15 août pour des travaux lancés sans autorisation préfectorale, Robert Belliot va encore vous ravir avec son programme de travaux de la Toussaint 2009.
Avenue de la plage, fermée. Avenue de la Victoire, fermée. Avenue de la Poste, fermée. Place de la Poste fermée. Giratoire de l'hippodrome, partiellement fermé. Avenue Flaubert, fermée. Avenue des Hirondelles, fermée. Avenue Gambetta, fermée. Parking du 8 mai, fermé. Avenue de Gaulle, ponctuellement fermée, On se croirait dans une station de ski devant le panneau des pistes un jour de blizzard.
L'amateurisme coupable du maire, complété par une suffisance qui ne lui permet plus d'entendre d'autres voix que celle des courtisans, précipite Pornichet dans un imbroglio circulatoire et donne une piètre image de ville touristique.
L'absence d'un maire-ajoint en charge du tourisme, la soumission vénale au pollueur des plages pornichétines qu'est Total, la relégation au fond de la classe de l'office du tourisme dans l'organisation municipale, le fait que le budget de l'Office du Tourisme soit mis à contribution pour les plaisirs superfétatoires du maire (réception de la Barquera, réception à l'hippodrome, animations de copinage, gestion du panneau lumineux d'entrée de ville à la gloire du premier édile...), la position du maire sur le devenir du port d'échouage... tout cela inquiétait sur l'attention effective portée par le maire à la clientèle touristique.
Le capharnaüm engendré par les travaux en tout genre, conduits cette semaine, démontre jusqu'à l'absurde l'affligeante incompétence du maire. Il est loin le temps où Jacques Lambert exigeait de ses services une organisation des chantiers respectant le calendrier scolaire. Aujourd'hui, le touriste semble plus être appréhendé comme un gêneur. Robert Belliot ne comprend pas que l'ambition touristique induit d'intégrer l'attente du client, de chercher à rendre le plus agréable possible son séjour. C'est facile de s'auto-proclamer défenseur du petit commerce local, il est autrement plus difficile de gérer correctement sa ville au mieux de ses intérêts touristiques.
Ce type de gestion se paiera immanquablement dans la durée, et Robert Belliot ne devra pas se contenter de serrer les mains dans les bistrots de Pornichet, il devra aussi rendre des comptes sur ses méthodes.
Fuite en avant
Dans le petit monde du BTP local, on se frotte les mains devant les méthodes Belliot. Sa Suffisance a décidé de jouer au Père Noël avant l'heure en saucissonnant joyeusement les chantiers. Un peu de bitume par-ci, un peu de trottoirs par là, une dose d'asphalte ici, du "point à temps" ailleurs... il y en a pour tous et tout le monde peut se goinfrer sur le dos du contribuable pornichétin.
Si le BTP sourit, c'est aussi parce qu'il profite à plein des légèretés de Sa Suffisance. En signant, le 27 février dernier, avec son pote Devedjian, un engagement à dépenser rapidement la jolie cagnotte laissée par l'équipe Lambert, Robert Belliot a mis Pornichet dans une seringue. Soit la mairie gaspille à tout va sans regarder à la dépense, quitte à faire des travaux sur des voiries appartenant à un promoteur immobilier (c'est ce qui vient de se passer sur l'avenue des Hirondelles dont une partie seulement est à ce jour publique comme le confirme le cadastre), soit elle doit rembourser les avances de l'Etat.
Sacré dilemme pour un élu républicain, pas pour Robert Belliot. Bien lancé avec son projet d'hippodrome qui coutera l'équivalent de 6 ou 7 années d'excédents budgétaires aux Pornichétins, Robert Belliot semble avoir raison perdue, tout à sa névrose de satisfaire les ménagères de plus de 80 ans qui lui réclament toujours plus de goudron frais. Et comme cela ne suffira pas pour tenir les objectifs, Sa Suffisance multiplie les chèques pour des sanitaires publics et un local de police à la gare, des panneaux électroniques en centre-ville, des sanitaires publics à côté de l'office du tourisme, un passage public à Saint-Sébastien... ce n'est plus de l'action mais de la frénésie dépensière. S'il est légitime de pourvoir sa ville en équipements divers, il est au moins aussi important de maîtriser ses dépenses et de les adapter à ses ressources.
Avec Robert Belliot à sa tête, de nombreux observateurs craignaient que Pornichet n'entra dans une longue léthargie. Ils se sont lourdement trompés. En fait Pornichet vit un dernier sursaut, agité de spasmes désordonnés, avant de sombrer dans un coma financier qui pourrait être irréversible... Belle performance du sorcier Belliot, qui a transformé en quelques mois une commune dynamique et bien gérée en un malade perclus de dettes et de charges fixes insurmontables.