
Si le PLU est parfois perçu comme un document austère, compréhensible de quelques élus initiés et d'associations (en temps normal...) vigilantes, il comporte aussi un vaste volet réglementaire qui s'imposera à tous les Pornichétins, ceux d'aujourd'hui qui veulent faire évoluer leur logement et ceux de demain qui voudront s'y installer.
Idées fixes
En arrivant aux affaires, Robert Belliot et son acolyte Jean-Pierre Gout ont rapidement démontré leur méconnaissance de l'urbanisme et de l'architecture. Pas une séance de la commission dédiée aux permis de construire qui n'apportait son lot d'avis d'opportunité en contradiction avec la réglementation en vigueur. Pas un projet qui ne devait offenser le mauvais goût (jeu de mot) de l'adjoint à l'urbanisme au risque d'être rejeté dans le secret de son bureau sans même passer devant la commission ad hoc. Armés de certitudes dignes du café du commerce, les Pieds nickelés de l'urbanisme ont, malgré leur inculture, au moins dans ces domaines, cherché à devenir les parangons du bon goût (sans jeu de mot évidemment).
Parmi leurs "fixettes" : les toits plats, les fenêtres horizontales et les bardages de toutes natures. Sans même faire l'effort de comprendre la raison d'être de ces choix architecturaux ou techniques, ils ont décidé de vouer aux gémonies ce trio, à leurs yeux, scélérat. "Le toit symétrique à 45° dorénavant tu chériras", ont-ils psalmodié à longueur de page du règlement du PLU. "L'enduit ou la pierre tu imposeras" ont repris en chœur leurs apôtres de Prosimar, PEP et autres associations en cour. "Le Pornichétin se débrouillera" ont répondu les hérétiques.
Insulte à l'avenir
Lorsqu'on est incompétent, on cherche souvent le salut dans des règles les plus strictes possibles quitte à les rendre absurdes. C'est le choix fait par les élus pornichétins avec ce PLU. Incapables de comprendre la ville d'aujourd'hui et plus encore celle de demain, ils se réfugient dans un passé mythifié, antérieur à la première guerre mondiale, celui où la grande bourgeoisie répandait son oisiveté et sa richesse dans une architecture qui cherchait surtout à être remarquée.
Pour ceux qui peinent à comprendre la régression en cours, l'équipe du Poulpe a procédé à une analyse lexicale du règlement du PLU proposé par la majorité UMP. Le résultat est au-delà de la caricature. Si les mots social ou architecture contemporaine apparaissent 2 fois, les mots patrimoine s'inscrivent 48 fois, restauration 51 fois, protection 68 fois et interdit 111 fois. A Pornichet, dorénavant, il est interdit de ne pas interdire...
Cette incapacité à sortir d'un schéma dépassé abouti à rendre délibérément impossible des évolutions de l'habitat actuel et à stériliser dans une banale unité l'avenir.
Vous vouliez agrandir votre logement au Moulin d'Argent ou à l'Ile Pré ? Les nouvelles règles d'emprise maximale au sol vont vous en empêcher.
Vous vouliez bâtir une maison contemporaine ? L'originalité, c'est terminé, foncez plutôt chez le premier pavillonniste venu pour choisir une maison sur catalogue.
En banalisant à l'extrême toutes les constructions, les duettistes Belliot et Gout prétendent défendre une commune qu'en fait ils ne comprennent pas. Ils veulent rendre uniforme une ville née pour être originale. Ils veulent banaliser une ville née pour être disparate. Espérons simplement que les véritables amoureux et connaisseurs de l'architecture balnéaire auront le courage lors de l'enquête publique de dénoncer le contre-sens historique pour ne pas dire l'insulte qui est faite à Pornichet.
Aussi, pour bien montrer le caractère redoutablement concret des règles édictées par le nouveau PLU, nous avons décidé de photographier des constructions pornichétines en précisant, règlement du PLU à l'appui, ce qui n'aurait pas été possible de faire au regard des règles que veulent édicter le maléfique duo de l'Hôtel de Ville. Une promenade pour mieux comprendre la nécessité de se faire entendre du commissaire enquêteur dès le 15 août prochain.
NB : conformément à la législation en vigueur, l'ensemble des photos a été réalisé depuis l'espace public et les éléments pouvant servir à localiser une construction ont été masqués.
Pour voir confortablement les photos, cliquez, sous l'encadré de photos, sur "plein écran".