
Fidèle à sa paranoïa sécuritaire et confondant allègrement (sic) sécurité et incivilités, le Navarro de l'Hôtel de Ville a décidé de dépenser pas mal d'argent public pour transformer et louer des locaux abandonnés de la gare SNCF. Après travaux, le quartier de la gare aura une "antenne de la police nationale" et un "poste de la police municipale".
Mission impossible
En clair, ce que la Police nationale n'arrive plus à faire du côté de son local de la place du Marché, c'est à dire assurer un minimum de présence, elle parviendrait à le faire à la Gare. Seul problème, la Police nationale manque d'effectifs et le démantèlement par Rambo Sarko de la police de proximité ne permet plus aux forces de l'ordre d'assurer une présence au quotidien auprès des citoyens.
Si, le jour, la situation en terme d'effectifs est tendue, que dire de la nuit. Hors de la période estivale, seuls deux équipages en moyenne sillonnent les communes de Pornichet, La Baule et Le Pouliguen. Autant dire que l'antenne de la gare de Pornichet servira de pause-pipi et à rien d'autre.
Malheureusement pour les contribuables pornichétins, les Brigades du Tigre de l'Hôtel de Ville sont près à toutes les démagogies pour s'attirer les voix de la veuve de Mazy comme de la Marie-Chantal dans sa toute nouvelle résidence secondaire de la Place de Gare.
Un poulet à l'aubergine
Dans la série plus c'est gros, plus çà passe, le maire de Pornichet est passé maître. Il annonce sans barguigner sur son site municipal que les travaux du local de la gare répondent au "projet global municipal dans le domaine de la sécurité". La preuve, il y affecte... 1 agent, qui plus est sans pouvoir. Ce héros des maisons de retraite ne sera pas feu Derrick, ni même un policier municipal, mais un ASVP, en clair, un Agent de Surveillance de la Voie Publique. Autrefois, on appelait familièrement ces fonctionnaires des aubergines...
Ce John McClane du pauvre va avoir fort à faire d'autant que ses pouvoirs sont pour le moins limités. Le site du Centre de gestion de la Fonction Publique Territoriale de l'Ain propose une intéressante fiche qui présente les attributions d'un ASVP.
Tout d'abord, l'ASVP ne peut pas être armé. Ouf, cela évitera à nos Dupont et Dupond de l'Hôtel de Ville de jouer un funeste remake d'Inspecteur la Bavure. Par contre, l'ASVP ne répond à aucune tenue réglementaire. Sera-t-il déguisé en Robocop ou en Terminator ?
Plus intéressant encore, "les missions de police administrative comme la surveillance de quartiers sensibles ou l'ilotage" sont exclus de ses compétences. En clair, notre sous-policier municipal de la gare attendra le délinquant derrière son bureau sans même pouvoir patrouiller dans le quartier. Voilà qui va être efficace. En plus, évidemment, il est soumis aux 35 heures...
Dans la même veine, cet ASVP n'a pas les compétences pour constater "les infractions en matière d'arrêt ou de stationnement dangereux", il ne peut verbaliser que "les cas d'arrêts ou de stationnements interdits, gênants ou abusifs". Par contre, il peut avoir comme mission de "renseigner les usagers de la voie publique". Ouf, le Body-guard de la gare va au moins pouvoir parler...
Comme en écho, il est intéressant de lire dans le Ouest-France du jeudi de l'Ascension le communiqué de l'UMPissime Maire de La Baule, ulcéré par la casse d'une soixantaine de voitures le week-end précédent malgré une police municipale XXL et des caméras vidéo très présentes. Il explique que "la police municipale ne peut pas se substituer à la police d'Etat" et qu'il en appelle à son amie Alliot-Marie pour obtenir des moyens pour la police nationale bauloise. Tiens le son cloche diffère de celui de Pornichet...
A Pornichet, nous sommes évidemment beaucoup plus malins que les Baulois et donc notre ineffable maire préfère avoir son Huggy les Bons Tuyaux rien qu'à lui plutôt que d'obtenir la présence régulière des Starsky et Hutch de la Police nationale. C'est certainement ce qu'il appelle "un projet global de sécurité".